Le Signal, la clé d’une image pro.

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L’image, c’est une sensation. Pour qu’elle interpelle le spectateur, il faut qu’il la comprenne. Passons en revue LA clé pour qu’une image soit lisible : le signal.

Qu’est ce que c’est ?

Le signal correspond à l’intégralité des données lumineuses captées et contenues dans le fichier enregistré par la caméra. On pourrait considérer un signal riche (un « bon signal ») avec beaucoup d’informations dans chaque plage lumineuse, et un signal pauvre avec très peu d’informations disponibles.

Voici un waveform, l’intégralité des informations lumineuses récoltées par le capteur de votre caméra, en deux dimensions. sur l’axe vertical vous retrouvez la quantité de lumière reçue en un point donné, indiqué par sa position sur l’axe horizontal. A 0 c’est le noir complet, à 100, le blanc.

C’est le seul outil d’exposition qui nous intéresse pour notre article.

Signal entrant / Signal sortant

Une image Log et son signal :

Sony Venice

Convertie en REC 709 :

On remarque tout de suite la différence, le log est une image de travail, le REC709 est « réaliste ». On peut le deviner au waveform : le 1er est compressé, tout tend vers le gris; le deuxième est étendu, on a de vraies ombres à 0, et des blancs à 90.

Une différence fondamentale

La courbe log (S-Log, Log-C, …) est en forme de S, permettant ainsi d’enregistrer le maximum d’informations possible pour la caméra dans les hautes et dans les basses lumières. Pour que le spectateur trouve l’image juste, il faut relinéariser l’image, en appliquant une correction, une transformation de courbe.
On retombe systématiquement sur une image Rec709/Gamma 2.4, qui est le standard de tout ce que l’on voit sur tous les écrans du monde.

Par analogie, l’écran sur lequel vous diffusez vos images est une bouteille d’eau dans laquelle est insérée un entonnoir. Les données lumineuses coulent comme de l’eau, du LOG, l’espace colorimétrique le plus large jusqu’au REC 709, l’espace qui correspond au goulot, à l’écran que va regarder le spectateur.
On comprend donc que je peux tout faire avec une image Log avec un bon signal donc beaucoup d’informations, je peux remplir la bouteille à ma convenance. Par contre, si mon signal est mauvais, que j’ai peu d’informations, je n’ai aucun moyen de remplir la bouteille, je ne peux pas faire une image claire.

Niveau / Clarté / Dynamique

On a rarement de problèmes de signal dans des scènes de plein jour, où il s’agit simplement d’exposer correctement. Quand on rentre dans l’image sombre, quand on veut installer une ambiance nocturne, il vaut mieux être clair sur ces 3 notions pour éviter de s’emmêler les pinceaux.

Niveau

Le niveau est la quantité mathématique de lumière sur votre capteur.

Clarté

Avec la clarté, on rentre concrètement dans le rapport avec le spectateur. Il est ici question de savoir si oui ou non le spectateur discerne la scène, si elle est lisible, si le niveau est suffisant pour qu’il soit immergé dans le plan.

Dynamique, brillance

La dynamique est l’écart entre les lumières les plus hautes et les lumières les plus basses. Beaucoup de dynamique signifie des zones de haut contraste ce qui amène de la clarté sans rajouter en niveau : la scène est plus lisible.

Drive (2011)

Ici, le constat au sein d’une même scène est édifiant. Sans les hautes lumières des lampadaires flous, impossible de lire la scène correctement.

C’est pourquoi faire la différence entre niveau, clarté et dynamique est utile pour comprendre un principe clé de mise en lumière : la seule chose qui importe pour qu’une scène soit immersive et réelle pour le spectateur, c’est le rapport de contraste entre le sujet et le reste.

L’oeil humain n’a aucune idée de si le waveform est à 50% en moyenne ou à 10%, le vrai enjeu est sa sensation. S’y retrouve-t’il, arrive-t’il à assimiler les différents niveaux et leurs rapports entre eux ? Le plan est-il clair pour lui ?

Applications

Comme exemple qu’on peut vite se perdre dans les ambiances sombres, prenons deux exemples de nuit américaine. Le principe est donc de donner une impression de nuit en plein jour.

Nope (2022)
House of The Dragon : Episode 7 (2022)

On le voit ici clairement, le niveau du plan de Nope est bien supérieur à celui de Game Of Thrones. Pourtant, celui qui nous donne le plus la sensation de nuit et qui nous est le plus plaisant, c’est bien le premier photogramme. Ce n’est pas du tout un hasard : notre oeil assimile les rapports de contraste inconsciemment, et même si le niveau de Nope est théoriquement trop élevé pour une nuit, on y croit par la correspondance entre le niveau des nuages et du cheval blanc par exemple. Alors que l’équipe de Game of Thrones s’est contentée pour sa part de tourner en plein jour et de descendre le niveau au minimum.

En résumé

Assurez-vous que votre signal soit riche, en regardant l’étendue de votre waveform. Si vous avez de la dynamique et du niveau en entrée (Log) vous serez capable de donner au mieux la sensation au spectateur de l’ambiance que vous lui communiquez en sortie (REC 709).

Mais alors comment parvenir à cette justesse qu’on retrouve dans nos films préférées et dans les publicités qui attirent notre œil ? Comment s’assurer que mon image ressemble à ce que je veux de ma caméra jusqu’à l’écran de la salle de cinéma ?

Si ces questions vous intriguent, jetez un œil à nos autres articles disponibles, où vous retrouverez les clés pour maîtriser de bout en bout votre image.

Sources

Sony

FilmGrab

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Yann Julliand